
Veuillez utiliser cette adresse pour citer ce document :
https://hdl.handle.net/20.500.12177/13317| Titre: | Rôle des nouvelles mutations V402L et I1527T sur le gène VGSC dans la résistance aux pyréthrinoïdes chez Anopheles coluzzii au Cameroun |
| Auteur(s): | Mbakam Leuze, Patrick Bertrand |
| Directeur(s): | Mbacham, Wilfred Wondji, Charles |
| Mots-clés: | VGSC V402L(T) et I1527T Résistance aux Pyréthrinoïdes Pyréthrinoïdes Anopheles coluzzii |
| Date de publication: | 2024 |
| Editeur: | Université de Yaoundé I |
| Résumé: | La résistance croissante aux pyréthrinoïdes, insecticides de premier plan contre les vecteurs du paludisme, constitue une menace significative pour la santé publique. Les mutations L995F et L995S du gène des canaux sodiques voltage-dépendants (VGSC) sont bien établies comme étant liées à cette résistance et sont fréquemment détectées dans les programmes de gestion des résistances. Récemment de nouvelles mutations, V402L et I1527T, ont été identifiées et associées à la résistance dans d'autres espèces de moustiques. Cette étude explore le rôle de ces mutations dans la résistance aux pyréthrinoïdes chez A. coluzzii au Cameroun. Après collecte d'échantillons dans la bio-banque du CRID, l’identification moléculaire a été confirmée par SINE PCR. Une méthode de qPCR utilisant des acides nucléiques verrouillés (LNA) a été développée pour génotyper les mutations VGSC V402L et I1527T, afin d'évaluer leur distribution spatio-temporelle et leur association dans la résistance aux pyréthrinoïdes chez cette espèce. A. coluzzii s'est révélée être l'espèce dominante dans les localités étudiées, avec des allèles mutants 402L(T) et 1527T présents en 2022 à des fréquences variables. Ces mutations prédominent dans l'Extrême-Nord (Simatou 52% et 53%) et le Nord (Gounougou 54% et 55%) du Cameroun, tandis que leur fréquence est significativement plus faible dans les régions littorales (Bonaberi ; Njombe 10% et 8%), au Centre (Pont de la Gare 5% et 7% ; Mbalmayo 11% et 11%) et au Sud (Kribi 11%). L'analyse spatio-temporelle indique que ces allèles mutants sont devenus dominants en 2022, avec une présence notée depuis 2018-2019 : Simatou (42% et 45%), Gounougou (17% et 25%), Bonaberi (14% et 12%). Les moustiques exposés aux pyréthrinoïdes présentent des variations significatives selon les marqueurs génétiques : pour VGSC V402L(T), le génotype homozygote RR (9% uniquement chez les vivants) montre une survie supérieure à la deltaméthrine 1X, avec des valeurs p significatives indiquant qu'il pourrait permettre une survie à cet insecticide (RR vs SS : p=0,0013 et RR vs RS : p₌0,0083). Le génotype RS est observé uniquement chez les vivants exposés à la perméthrine 1X à 18%, ce qui représente 9% de l’allèle R, dominant chez les vivants exposés. Les analyses statistiques révèlent que le génotype RS confère une meilleure survie à la perméthrine 1X avec une valeur p significative (<0,0001), tandis que la présence de l'allèle R permet également une résistance significative à cette dose (p=0,0032). Le génotype homozygote RR (4% uniquement chez les vivants) montre une survie supérieure à la perméthrine 5X, avec une valeur p significative indiquant qu'il pourrait permettre une survie à cette dose plus élevée (p=0,0414). Concernant VGSC I1527T, le génotype hétérozygote RS (21% chez les vivants) montre une survie supérieure à la deltaméthrine 1X, avec une valeur p significative indiquant qu'il pourrait permettre une survie à cet insecticide (RS vs SS : p=0,0273). Les génotypes RR et RS sont uniquement présents chez les vivants exposés à la perméthrine 1X (12% et 6%), affichant une survie significative par rapport au génotype SS (RR vs SS : p=0,0001 et RS vs SS : p=0,0096) et l'allèle R confère une résistance significative par rapport à S (p<0,0001). Pour la perméthrine 5X, les génotypes RS et RR présentent des valeurs p significatives indiquant qu'ils peuvent survivre à cette exposition plus élevée par rapport au génotype SS (p=0,0029 pour RS vs SS ; p=0,0002 pour RR vs RS). En conclusion, les substitutions V402L et I1527T confèrent une résistance aux pyréthrinoïdes chez A. coluzzii au Cameroun. Leur présence en tant qu'allèles résistants pourrait offrir un avantage sélectif par rapport aux mutations classiques, rendant essentiel le génotypage à ce locus pour une gestion adaptative de la résistance aux insecticides. |
| Pagination / Nombre de pages: | 80 |
| URI/URL: | https://hdl.handle.net/20.500.12177/13317 |
| Collection(s) : | Mémoires soutenus |
Fichier(s) constituant ce document :
| Fichier | Description | Taille | Format | |
|---|---|---|---|---|
| FS_MEM_BC_26_ 0005.PDF | 2.15 MB | Adobe PDF | Voir/Ouvrir |
Tous les documents du DICAMES sont protégés par copyright, avec tous droits réservés.